Ma ville contre ta campagne…

IMG_7362Rien ne m’agace plus que les personnes, persuadées de détenir La réponse, et qui tentent par tous les moyens de te convaincre que leur point de vue est l’unique valable. Pour réveiller un débat un peu mou, réunis des citadins et des ruraux, lance une anodine phrase du type « non mais la vie à la ville, c’est de la folie », sers toi un verre de vin, et attends. Ça risque d’être houleux.

Dans le débat ville/campagne, je fais partie de ceux qui ont eu la chance de connaître les deux : une enfance à jouer au ballon dans la rue à la campagne et une adolescence dans le tumulte de la ville. Le « je monte à la capitale » a été dicté par un non-choix. Si je voulais entrer dans l’école désirée, je devais passer par la case parisienne. Bon gré mal gré, j’ai quitté ma garrigue et les balades qui sentent la lavande et le thym, pour affronter le métro et la pollution. Aujourd’hui, à y regarder en arrière, je ne regrette absolument pas ce déménagement, et il serait bien difficile de me faire quitter le béton pour les vertes prairies.

J’entends mes amis provinciaux qui hurlent au scandale quand il faut 45 minutes pour faire 5 kilomètres, tourner 15 minutes pour trouver une place, payer 30 euros pour quelques heures de parking ou quand ils réalisent le prix des loyers comme celui du picon-bière. J’entends. Mais cela ne suffit pas à me convaincre des inconvénients de Ma ville. Comme ça pêle-mêle, la grande ville possède des avantages non négligeables pour moi :
des magasins. Boulangerie, supérette, caviste, primeur, librairie… Ouverts.
des musées et des expositions. Plein. Partout. Pour toutes les envies. Tout le temps.
des cinémas. A quelques minutes à pieds ou quelques stations de métro. Qui passent autre chose que les nouveautés blockbusters.
des restaurants et des bars. Pour tout type d’envie, à n’importe quel moment.
des magasins (encore). De vêtements, de chaussures, d’accessoires, de tout, de rien.

La ville m’offre le choix, tout simplement. Celui de faire comme de ne rien faire. Et je trouve ça précieux. Plus précieux que voir un bout d’océan quand j’ouvre ma fenêtre (l’océan c’est surfait).

Bien entendu, je ne sors pas tous les soirs, je profite de mon appartement hors de prix en me calant dans mon canapé devant un plateau-télé acheté chez le traiteur italien en bas de chez moi. Ou je passe à la bibliothèque emprunter un livre sur le chemin de la maison pour lire au coin de ma cheminée. Ou je fais un saut chez mon caviste à 20h30 avant de me rendre à un dîner chez des amis.
Certes, je n’ai pas de potager. Ça tombe bien, je n’aime pas jardiner.
Certes, j’ai une vie un peu plus chronométrée. Ça tombe bien, je ne suis pas patiente.
Certes, je vis dans 80m2 quand je pourrais avoir une maison de 140m2. Ça tombe bien, habiter dans une maison m’angoisse.

Alors oui, il me faut affronter les autres : les touristes, les Parisiens (se décline aussi avec les Marseillais, les Lillois, les Lyonnais, etc) et ce n’est pas une mince affaire. Certains diront que je paie cher (au propre comme au figuré) le prix de cette apparente liberté. Peut-être. Toutefois, tout cela me convient. Je connais les avantages comme les inconvénients de cette vie citadine, et, je persiste et signe. J’aime aller à la campagne, de temps en temps, et jamais trop longtemps.

Et bien heureusement que chacun a des besoins différents, sinon nos villes seraient surpeuplées ou nos campagnes devenues des villes. Chacun trouve son bonheur, qu’il soit dans un lopin de terre, une place de village, un immeuble haussmannien ou une tour ultra moderne.

Alors, arrêtez d’essayer de vouloir me persuader que la campagne est meilleure que la ville, je suis très bien là où je suis !

Pour le voir, clique ici.

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5 réflexions au sujet de « Ma ville contre ta campagne… »

  1. La campagne, la ville… avantages, inconvénients… Je pense que le point central de la question ne se trouve pas là, mais plutôt (et comme d’habitude) de ce qu’on fait et/ou peut faire dans un certain espace, dans un certain milieu qui nous entoure.

    On ne fera ni pourra faire ce qu’on fait en ville à la campagne, et vice-versa. Après, il y a les aptitudes de chacun à s’adapter à la campagne ou à la ville. Rares sont ceux qui s’adaptent aux 2 modes de vie sur une longue période, c’est plutôt les citadins qui partent en week-end à la campagne ou en vacances pour s’y détendre, et les ruraux qui vont en ville pour des besoins de visite, administratifs ou de consommation.

    Bon article, intéressant à lire, qui aura le mérite d’au moins défendre un point de vue (avec lequel on aura le droit de ne pas être d’accord bien sûr).

  2. Ce que je retiens d’bord, et ce avec quoi je suis le plus d’accord, c’est le choix qu’offre la ville. Même si je ne vais pas très souvent au théâtre, ciné, musée concert etc etc etc, je sais que si j’en ai en envie là tout de suite je peux y aller.
    Deuxième grosse différence entre la ville et la campagne c’est l’anonymat. A la camapgne, tout le monde sait qui tu es, et pourrait raconter ton histoire sur 3 générations (j’éxagère bien sûr) et la moindre différence (de mode de vie, de façon de pensée, d’orientation sexuelle) fera de toi un pestiferé (j’exagère un peu aussi). Alors qu’en ville ton voisin te dit bonjour, connaît à peine ton nom et n’en aura rien à foutre de toi. Evidement ça implique moins de solidarité envers son prochain à la ville qu’à la campagne.

  3. Hello,
    Je crois que je vais passer mon week end à lire ton blog chaque article me passionne c’est dingue!!
    Alors, moi c’est le contraire, presque 18 ans à Paris, puis la Côte d’Azur dans un ptit village au bord de la mer!
    Je ne tenterai de convaincre personne, mais voilà ce que j’en pense:
    Paris (ou d’autres grosses villes) c’est tout à portée de main et à n’importe quelle heure, c’est la liberté, les expositions, les musées, les cinémas avec plus de 2 salles, des magasins!!, un tourbillon de vie et de possibilités. Mais tout va plus vite, trop de monde, trop de bruit, trop de pollution, trop de tout…
    Mon ptit village et la campagne: c’est le repos, la nature, la « coolitude », tout va moins vite, en général la vie y est moins cher, moins stressante…
    Je ne pourrais plus vivre dans Paris, depuis que j’ai connu l’endroit où je vis actuellement!
    Mais je n’aurais jamais pu penser ça avant!
    Comme toi j’ai eu la chance de connaitre les deux, et maintenant mon coeur appartient à la campagne, même si beaucoup de choses me manquent…. Mais j’en ai gagné d’autres, comme tu l’expliques dans ton article!
    Moi non plus je ne supporte pas les gens qui tentent de t’imposer leur point de vue à ce sujet et comme tu l’as si bien dit, si tout le monde aimait la ville (ou inversement la campagne) ce serait l’horreur et nous serions tous perdants!
    Sur ce bonne journée! 🙂
    Sophia (Helloshoes)

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