(un)Poetic Justice…

Parfois j’ai l’impression de nourrir des tendances de super-héroïne.
Pas pour porter ce genre de chaussures.
Pas parce que j’aime particulièrement les déguisements.
Pas parce que je porte ma culotte par dessus mes collants (enfin, si, si mon collant glisse, pour éviter de l’avoir aux genoux).
Juste parce que je possède une forte tendance à m’insurger contre l’injustice.

Au delà de la justice (terme un peu usé et resucé) c’est surtout d’équité dont je parle. L’équité selon Larousse est le caractère de ce qui est fait avec justice et impartialité. Donner la même chance à chacun me parait pourtant un paradigme plus que nécessaire pour notre société bien pensante…
Les problèmes d’équité sont légion :
– incarnés par ces propriétaires qui refusent de louer un appartement à une personne qui n’est pas auvergnate d’apparence
– personnifiés par ce recruteur qui préfèrera embaucher la cousine du beau-frère de sa meilleure amie qui n’a absolument pas le profil plutôt qu’un candidat adapté
– définis dans le refus de donner des droits équivalents à chacun
– exposés dans les résultats d’un concours dont on modifie les règles pour qu’elles répondent à nos propres intérêts

Certains cas sont plus critiques que d’autres bien entendu. Et pourtant, l’injustice se fait tranquillement sa place, et est devenue commune, connue, banalisée, normale. On ne s’indigne même plus. On baisse les épaules en disant tant pis.

Laisse moi te raconter un truc. Il y a quelques années, je cherchais un appartement. Ayant découvert la perle rare, j’ai déposé un dossier. Le soir même, je reçois un mail de la part de l’agent immobilier, pas de chance pour lui, il s’était trompé de destinataire, au lieu de l’envoyer au propriétaire, il nous était adressé. Un portrait élogieux d’un couple y est dessiné « il est cadre, ils sont mariés, ils veulent fonder une famille, elle travaille à mi-temps, ils sont emballés ». Ce n’est pas nous. Nous, nous sommes un « jeune couple non marié ». En quoi je n’ai pas trouvé cela équitable ? Juste parce qu’il y a un net parti pris de la part d’une personne censée être neutre… J’envoie donc un mail bien senti à cet agent immobilier, lui rappelant que respecter une certaine éthique fait partie de son métier et que nous sommes « emballés, qu’il est cadre, que je suis cadre, que voulons fonder une famille, mais que pour ça il faut avoir un appartement, sans qu’un agent immobilier nous mette sans raison des bâtons dans les roues en sabrant notre candidature ». Je lui posais aussi la question du pourquoi ce traitement de faveur pour ce couple, il répondra que c’était une erreur en se confondant en excuse. L’erreur étant de nous avoir envoyé le mail à nous je pense. Ayant obtenu les coordonnées du propriétaire, nous étions sur le point de lui écrire quand nous avons appris qu’il avait choisi un couple dans son entourage pour cet appartement, ce qui ne m’a pas dérangée mais surtout fait sourire… Dommage pour toi petit agent immobilier, tu n’auras pas ta prime. (je me retiens de dire « bien fait pour ta pomme »).

La roue tourne disait ma grand-mère (c’est aussi elle qui m’a donné le truc de la culotte sur le collant d’ailleurs), elle avait raison. Parfois, tu aimerais qu’elle tourne plus vite. Ce n’est pas la solution. Non. En fait, ce que tu es en droit d’attendre est que celui qui doit arbitrer ta situation fasse preuve d’une réelle impartialité.
Nous naissons tous libres et égaux en droits. Sauf ceux qui bénéficient de passe-droits apparemment.

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6 réflexions au sujet de « (un)Poetic Justice… »

  1. Pour rester dans le thème, un jour on m’a refusé un appart parce que le proprio considérait qu’il était « immoral » pour une jeune fille d’habiter seule. Pour un garçon, pas de souci hein.
    Bref, j’ai tout de même trouvé un appart, plusieurs depuis même. Mais c’était y’a 10 ans et je m’en souviens toujours. Pire ça m’énerve.
    Mais bon, je me dis que le changement commence par soi-même. Donc j’espère un jour avoir assez d’argent pour louer tout plein d’appart à des jeunes filles immorales 😀 En attendant, je grogne dans mon coin.

    • Bon, elle avait le mérite de ses opinions cette dame, opinions datant des années 1820. Ce qui me chagrine le plus, c’est le manque de transparence dans toutes ces histoires d’iniquité.

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