Les potes d’enfance…

Dans la ronde des potes, tu as ceux que tu connais depuis des lustres… Celui à qui tu volais le pain au lait en maternelle, celui qui copiait sur toi en grammaire au CE2, celui qui s’ennuyait en latin à coté de toi en 3eme, celui qui séchait les cours de sport pour aller faire un baby en terminale… S’ils t’accompagnent encore aujourd’hui, c’est qu’ils ont suivi leur petit bout de chemin, et jamais trop loin du tien. Et il y a ceux que tu regardes s’éloigner doucement…

Avec les potes d’enfance, un mot peut déclencher une bordée de souvenirs ou une salve de répliques de film (si je n’ai pas vu La cité de la peur 150 fois, je ne l’ai jamais vu une seule !), on rit comme des baleines, et ceux qui n’était pas présent lors de la soirée « La mouche » (mais siiiiii, tu t’souviennnns, ‘était chez Marie, la pétasse que Ludo s’est sorti parce qu’elle habitait une baraque avec piscine) sourit en attendant que ça passe.
Certains te suivent et gardent le statut d’amis depuis une tripotée d’années, parce que tu gardes le contact, parce que la vie fait que tu as toujours des points en commun, et que ce qui te lie à l’autre n’est pas juste une batterie de souvenirs mais bien des valeurs identiques et de réels intérêts partagés.

Et puis il y a les autres.
Pourtant t’avais juré sous l’arbre de l’amitié (le platane de la cour de récré) que jamais jamais jamais vous ne vous éloignerez et tu as vécu les coups durs et les coups de foudre avec eux. Plus que des amis, parfois comme membre d’une même famille…
Et aujourd’hui, tu as des nouvelles de celle que l’on surnomme Bobonne qui ne vit qu’entre caprice et compromis, fait des gosses pour avoir un statut social bon sous tous rapports et garder le mari à la maison, mari qui souhaite garder son image de bon père de famille intègre mais est suspecté de tromper Bobonne, dont on ne se sépare pas parce que ce serait dire adieu à une (triste) partie de la vie modèle que l’on croit avoir dessinée.
J’aimerais croire qu’elle est heureuse. J’espère qu’elle trouve son bonheur dans ses enfants. Je souhaite que jamais le voile de l’illusion ne se file pour lui jeter au visage combien c’est triste d’avoir abandonner ses rêves pour se fondre dans celui de son mari, DG à grosse voiture qui se plait de payer des impôts… Mais… Cela n’est que mon avis. Elle regarde peut être de loin ma vie avec le même regard dépité, celui qui dit « oh mon dieu, qu’est elle devenue ». J’espère qu’elle a la même réaction que celle que je peux avoir, lorsqu’elle regarde le parcours derrière elle : un peu de fierté, un contentement, une satisfaction. Ça voudra dire qu’elle est contente de sa vie. Elle a été ton amie, tu ne peux pas lui vouloir du mal, même si elle a eu des paroles déplacées, même si elle a fait des choix que tu n’as jamais compris, même si désormais vous êtes juste liés par une pile de photos de classe.

Et donc, il y a ceux qui sont là. Toujours. Qui ont disparu et sont réapparus. Avec qui tu évoques les autres dans un rapide sourire, et puis tu balaies le sujet parce que les autres, tu n’en as que faire. Que tu es content de voir et avec qui tu aimes partager plus que le passé, le « maintenant ». Parce que quand tu les regardes vivre, sourire, être heureux, cela te fait du bien de te dire que les choses avancent, qu’elles changent et évoluent.

Pour ceux que j’ai aimé, je leur souhaite le bonheur.
Pour ceux que j’aime, je vous souhaite 1000 fois plus !

 

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5 réflexions au sujet de « Les potes d’enfance… »

  1. Je me retrouve complètement dans ton article (comme beaucoup je pense) .
    C’est marrant de regarder les promesses que tu faisais il y a 10, 15 ans et de voir aujourd’hui ce que sont devenues tes relations avec ces mêmes personnes. Pour certains, il y a un gros fossé.
    Parfois c’est sans regrets quand tu vois ce qu’ils sont devenus, pour d’autres c’est dommage.
    Mais c’est aussi agréable de voir ceux qui restent, toujours, et c’est pas forcément ceux que tu aurais imaginé.
    Enfin, je radote ton article dans mon commentaire, mais c’est vrai que c’est un constat que je fais souvent.

    • Quand tu regardes certains, tu comprends que tu ne pourrais de toutes façons plus être si proches vu les choix qu’ils ont fait qui sont si loin de toi… Un peu doux-amer comme sentiment. Mais c’est la vie comme disent les anciens.
      On avance et on se concentre sur ceux qui sont là.

  2. Il y a des gens qui m’ont beaucoup déçu en amitié notamment ceux de l’enfance mais ça m’a permis de faire du tri autour de moi. Aujou’dhui seuls les meilleurs m’entourent 😉

  3. J’avoue que j’ai gardé très peu de potes d’enfance, rapport que j’ai eu beaucoup de déceptions en amitié à ce moment-là, et que je faisais partie de ceux que l’on exclut très vite de la cour de l’école. Mais comme dit Colinette ci-dessus, du coup, on garde que les meilleurs :-). Mais je pense qu’on observera le même phénomène dans quelques années avec nos camarades de lycée ou de fac.

    • Exactement Scientifique et Colinette, tu ne gardes près de toi que ceux qui te ressemblent donc les meilleurs 🙂
      Mes camarades de lycée/d’études sup, je les ai depuis quelques années déjà, on a traversé le pire, alors j’pense que j’ai déjà le noyau dur.
      Et puis ensuite, tu glanes de nouvelles amitiés, plus ou moins longues grâce aux boulots, aux potes de potes, aux rencontres fortuites… La vie c’est un gros Kinder surprise !

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