Les BD et leurs mondes alternatifs…

Je suis une grande consommatrice du thème (sur) exploité du monde alternatif, sur tout type de support. Le cinéma tourne et retourne le sujet, les romans font couler un peu d’encre, et la bd n’est pas en reste. Je te propose ma sélection qui s’offre à toi chez les meilleurs libraires.
(ouais je fête à ma façon la sortie du tome 15 de The walking dead !)

The Goon (première publication : 1999). Eric Powell.
« Le Goon », que nous traduirons par le « bourrin » dans un français adapté, voit le jour dans le comic du même nom. Dans une ville où règne en maître un gang de zombies mené par the zombie Priest  (le prêtre zombie), le Goon tabasse du poulpe, du cannibale comme du vampire.
Ce comic mêle à la fois tristesse et humour, valeurs honorables et tendances psychopathes. La toile de fond ressemblerait à un film de gangster des années 30, le ton lui est très contemporain. Laissez vous séduire par cette brute au grand cœur et de son acolyte décalé dans un registre qui mélange les directs du gauche et le surnaturel. Chaque nouveau chapitre est un plaisir aussi bien dans l’écriture que dans son illustration. Powell est un grand en devenir, il est à surveiller de près.
Un extrait « Ah ouais ? Quand je tombe sur quelque chose comme ça, j’essaie juste de lui boxer la tronche… Tu fais quoi toi ?».

Apocalypse sur Carson City (première publication : 2010). Guillaume Griffon.
Dans le fin fond du Nevada, un savant militaire fou (mettre les mots dans l’ordre qui vous plaira) se livre à des expériences pour le moins douteuses, et la petite ville de Carson city se retrouve envahie par des mangeurs de chair. Il faut intervenir !
C’est avec ce pitch très cinématographique que Griffon nous livre des albums remplis de références au 7eme art. A la manière d’un film, de la bande annonce, à la description des personnages, en passant par des cadrages tarantinesques, il sait tenir un rythme haletant de la première à la dernière case. Le style noir& blanc est très graphique, avec des personnages singuliers, et se nourrit de dialogues ciselés, et un choix de répliques sans faille.
Un extrait « Bon sang, soldat, un peu de cran que diable ! Vous n’allez pas me dire que vous n’avez jamais vu de macchabées. Faites comme eux, gardez la tête froide et reprenez-vous…C’est un ordre nom de Dieu ! ».


Tony Chu (première publication: 2009). John Layman et Rob Guillory.

Un détective cannibale dans un monde où la volaille a été interdite faute à la grippe aviaire… Pourquoi pas ! Tony Chu est un agent spécial travaillant pour une agence spéciale, le Département de Répression des Aliments et Stupéfiants, possédant un don spécial, celui de s’approprier la nature et les émotions de tout ce qu’il mange. Imaginez les informations qu’il tire d’un cadavre encore frais (ou pas).
Très colorée malgré des histoires souvent sombres, on prend plaisir à tourner les pages des chapitres de cette BD. Les personnages sont attachants sans être trop complexes et l’histoire se laisse porter par cet agent spécial hors norme. Un petit goût de pas assez peu être, qui appelle sans nul doute à une autre dégustation.
Un extrait « Nan. Il en a probablement pour moins de 500 grammes avec son blanc et ses deux ailes. Ce pauvre bougre a sûrement claqué tout son salaire dedans. ».

The Walking dead (première publication : 2003). Robert Kirkman, Tony Moore puis Charlie Adlard.

On entend parler de The walking dead surtout pour la série reprenant le contexte, alors que la véritable perle se situe sur le papier. Dans un monde envahi par les morts-vivants, des personnages complexes se construisent et se détruisent au fil du récit, tout en cherchant à survivre et se recréer un semblant de « vie ».
Ce comic laisse la part belle à l’imagination. On ne voit pas tout, on imagine beaucoup (et c’est souvent le pire). Le virus invasif sert d’excuse à Kirkman pour nous servir des êtres humains en perdition. Beaucoup de tensions au fil des pages et de vrais cas de conscience.
Tu te surprendras à te demander « et moi, qu’aurais je fait à sa place ? »
Un extrait « Ca ? … Ce n’est rien qu’une égratignure… ! ».

Zombie (première publication : 2010). Olivier Peru, Sophian Cholet, Simon Champelovier.
Bientôt… L’invasion débutera bientôt. C’est le parti pris par cette BD française qui annonce que dans un futur proche, la plus grande partie de l’humanité sera réduite à l’état de zombie. Réduite ? Rien n’est moins sur. Ils sont plus nombreux que nous, et ils sont dangereux.
Cette BD pose la question essentielle qui est « qu’est ce qui fait de moi un « humain » ? ». Lorgnant vers The walking dead, Zombie réussit pourtant à se forger son identité propre. Les planches sont très réussies, soignées, elles dégagent bien toute l’énergie du récit, et permettent de partager la quête de son héros. Sans jamais tomber dans le gore excessif, le scénario s’appuie sur des images parfois violentes mais souvent justes. On s’immerge facilement dans ce monde de chaos.
Un extrait « Deux semaines que la prison a été évacuée, que je tiens le coup en buvant l’eau des chiottes…»

Fais donc un tour dans ces pages, tu m’en diras des nouvelles.
Et puis lire une BD gore dans le métro ou au bureau peut te permettre d’obtenir un peu de tranquilité !

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7 réflexions au sujet de « Les BD et leurs mondes alternatifs… »

  1. En bonne amatrice de zombies et en particulier de The Walking Dead, ta bd me donne bien envie tiens.
    Tu as lu les bd à l’origine de la série ? Parait-il qu’elle est vraiment bien. (Il me les faut)

      • C’est vrai, en même temps ces raccourcis scénaristiques sont indispensables dans la série sinon on part pour 15 ans avec des wagons d’épisodes chiants.

        C’est là où le support graphique est supérieur au film, on a le temps de s’attarder sur le background des personnages étant donné que le rythme de la lecture ne nous ai pas imposé.

      • Je suis tellement au taquet du comics que la série me parait sans saveur en ce moment. J’ai eu du mal à entrer dans la saison 2.

      • le début est trop tempéré avec une psychologie des personnage un « peu plaquée » qui amène à voir Shane, Andréa et Rick à jouer de façon un peu trop caricatural … Ici, on rentre dans une version alternative de WD. Mais les trois derniers épisodes renouent avec le côté survival, et surtout, introduit un changement dans les personnages prometteur.
        Prometteur surtout parce que l’on se « rebranche » sur le comic (avec l’apparition de Michonne …).

        Bref, j’attends avec un filet de bave la saison 3 …

      • Tu m’as convaincue là.
        Andréa est un personnage que j’aime beaucoup, et là après 4 épisodes, j’ai juste envie de lui coller une rouste.
        Cela dit, j’aime bien Darryl. C’est un plus dans la série vs. le comics plutôt bien pensé.

  2. je suis d’accord avec toi avec Andréa qui passe pour une rebelle post-adolescente ! Darryl prend de l’épaisseur au fil des épisodes et devient assez attachant …

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