Capitalisme/Socialisme…

Ce matin, je me lève tôt. Plein de trucs à faire (et je ne parle pas des soldes). Mon café chaud dans son mug funky et je regarde LCP (#vendrediconfession, j’aime bien les débats qu’on peut y voir). Je tombe sur ce chiffre : 22%. C’est la hausse du loyer à Paris sur les 5 dernières années. Aie.

Moi qui m’était levée guillerette, je suis passablement révoltée.
Toujours plus vite, toujours plus haut (comme le chantait Mellowman), les loyers grimpent, acheter devient impossible, donc nous sommes condamnés à payer ou nous expatrier. Le pire c’est le laisser-faire.

Je suis une capitaliste, dans le sens noble du terme.
C’est à dire que je suis pour que les entreprises entreprennent et investissent leurs fonds pour se développer, et non pas la version qui investit les fonds dans les salaires des dirigeants. Je ne me choque pas qu’un patron gagne plus qu’un salarié, il est censé être celui qui prend des risques, a les responsabilités, et doit gérer la boite. Sauf qu’un patron qui a un salaire 200 fois plus gros que le salaire médian de ses employés, c’est honteux.
Pour arriver à un système capitaliste, il faudrait que les patrons (de grosses boites & associés) changent leur façon de gérer leur capital, et je parle là de leur capital personnel. Toutefois, je n’ai aucune foi dans la majeure partie de mes congénères. L’humain est un égoïste de nature qui ne parle que pour lui. Les gros bonnets veulent moins d’impots, les chômeurs plus d’argent, les classes moyennes veulent arreter d’etre pressées comme des citrons…

Je suis socialiste, dans le sens noble du terme.
C’est à dire que je souhaite une politique qui prenne en compte l’humain. Ça veut aussi dire qu’il faut réfléchir capitaliste puisqu’il faut les nourrir, loger, faire travailler ces humains. Par exemple, je suis contre l’obligation du SMIC à 1500 euro net. Parce que le vrai problème ne vient pas de là. Il vient du fait que la vie est chère, parce que ceux qui détiennent les produits (bouffe, loisir, logement…) veulent toujours plus ou simplement vivre convenablement, donc vendent cher. La solution ce n’est pas plus d’argent, c’est un retour à la juste valeur des choses. Qu’on taxe l’alcool ou la cigarette, je m en moque, on n a pas physiologiquement besoin de ça pour vivre correctement (c’est un vrai choix de boire des daïquiris) mais de manger, se divertir, se cultiver oui. La pyramide de Maslow.
Le ciné à 15 eur, ça me fout en rogne.
La baguette à 1,5 eur, ça me fout en rogne.
Le musée à 12 eur, ça me fout en rogne.
Je suis pour les aides. Les aides intelligentes. Pas « je te file des allocations chomedu et tu fermes ta gueule », mais de la pression sur les employeurs, pour une répartition juste du boulot, pour la fin des CDD à répétition, des heures sup à ne plus en finir…

Nan mais sans déconner, on vit dans une société de tout fric et on en veut toujours plus. Pour se protéger du « on en sait jamais » ou pour amasser encore plus d’argent.
On perd la juste valeur des choses et du travail.
On augmente les fonctionnaires par l’ancienneté, c’est une aberration ! A coté de ça, des mecs qui travaillent comme des bêtes peinent à être augmentés « du coût de la vie ». La méritocratie, c’est pas si con, ou alors on impose à chaque boite d’augmenter de x% tous ses employés au moins tous les x ans, comme dans le public.
Les loyers crèvent les plafonds, parce que des proprios veulent se prémunir et spéculer. Il devrait y avoir une autorité de régulation des loyers avec des critères précis. (mon proprio a augmenté de 20 eur/mois le loyer de l appart comme ça sans raison, juste parce qu il a le droit). On réclame des aides du coup. Jamais on avait donné autant d’APL que depuis 3 ans en France. C’est dingue ! L’état donne des aides pour qu’on paye nos loyers, aides qu’on subventionne avec nos impots… C’est un peu le chat qui se mord la queue.
Et à coté de ça, on rogne les coûts sur l’éducation de nos gosses qui sont 35 par classe, et sur les hopitaux dans lesquels tu attends 9 heures aux urgences.
On a un peu perdu le sens des priorités.

Alors je suis fâchée. Voire même outrée.
Bien entendu que je participe au fonctionnement de cette société de consommation, je m’achète des chaussures, paye un loyer que je trouve trop cher, fais parfois mes courses chez Lafayette Gourmet, vais au resto… Je consomme. J’ai la chance de pouvoir le faire, seulement il faut cesser de ne regarder que son nombril ou son portefeuille. Et n’y vois pas un débat gauche-droite, vu qu’aujourd’hui je suis déçue de tous et n’ai aucune foi dans nos politiques. Juste un de ses moments où tu te demandes quand le monde a t-il dérapé et quand l’avons nous laissé faire…

Publicités

13 réflexions au sujet de « Capitalisme/Socialisme… »

  1. C’est écoeurant de voir qu’à l’époque de nos parents, une superbe maison en meulière de 10 pièces coûtait 100 000 boules (soit moins chère que mon studio) et qu’aujourd’hui elle en vaut 600 000. Qui peut encore se payer un tel luxe ?
    A moins d’avoir fait de grandes études, une grande école, si tu as eu la chance que tes parents aient pu te l’offrir, d’accéder à un boulot payé suffisamment correctement pour emprunter de l’argent qui pourra donc te permettre d’acheter cette maison.
    Si tu n’as pas eu cette chance, tu auras au moins celle d’avoir un travail qui te permettra tout juste de payer ton loyer dans ton appartement lambda dont le loyer augmente chaque année sans raisons, à faire tes courses qui augmentent un peu plus au fil des années, et à payer ta carte orange au prix d’un bras + un rein (pour un service merdique…d’ailleurs comment peut on laisser encore la sncf se foutre autant de notre gueule ?) et à galérer pour mettre de l’argent de côté car la vie devient de plus en plus chère mais ton putain de salaire gagne 2€ par an.
    J’ai vraiment l’impression que (encore plus) ces dernières années on est vraiment prit pour de grosses vaches à lait alors qu’on est déjà à sec.

  2. Je commente ici pour la 1ère fois et….sans pour autant « applaudir » ton article sur un sujet aussi triste finalement, je suis 100% d’accord avec tout ce que tu as écris et décris, aussi finement qu’intelligemment…Ca fait à la fois plaisir de lire ce genre de choses, et à la fois bah….moi aussi ça me fout en rogne, car si tout le monde pouvait penser et réagir de la même manière , le monde tournerait plus rond (quoi? la terre est plate???? merde !)! Alors, quand même…merci, pour cet article. Il devrait être étudié à l’école ! 😉

  3. Bienvenue Aleshanee !
    Je suis scandalisée depuis 8h ce matin et je ne décolère pas. Pour les logements, je ne comprends pas que les gens spéculent à mort, souvent ils ont leurs apparts depuis 10 ans ou plus, époque où l’achat comme les crédits étaient encore abordables, du coup ils n’ont pas acheté le 3 pièces de 45m2 (3 pièces dans 45m2 puté !!) 500 000 euros, en voulant à tout prix rentabiliser leur bien. Nan, ils se contentent de « coller au prix du marché » comme on dit.
    Si j’ai un appartement à mettre en location un jour, mon but sera d’occuper les lieux sans perdre d’argent, voire en gagner un peu pour palier au coups durs (le ravalement, la chaudière qui pète…) mais pas me faire un fric fou sur le dos de mes locataires. C’est moi qui réfléchit de travers peut être ?
    La sur-enchère me fatigue. Les gens qui courent après l’argent aussi. Je crois vraiment qu’on perd notion de tout… J’ai discuté avec un « jeune » y’a pas si longtemps qui m’a dit qu’à moins de 2000 euros brut il refusera de bosser, et il veut être cadre. (comme si cadre c’était un métier. C’est un statut mec, pas un job). La bonne poilade… De nos jours, on entend plus souvent « je veux gagner tant » que « je veux être ça ».
    Ça me donne envie de partir élever des chèvres en Argentine. Je serai l’éleveuse la mieux chaussée de la pampa mais je pense vraiment que le retour à la terre et aux « vraies » valeurs seraient salvatrices…

  4. C’est tout à fait ça….Le « jeune » qui veut être cadre, poilade également ! OU la jeune fille qui veut être « star »…pas chanteuse, ou actrice, non, star…Ca montre bien certains côtés de la société actuelle. J’ai bac+4, et j’ai toujours eu que des jobs au smic…évidemment, un peu plus de pognon m’irait bien, mais j’ai toujours privilégié les jobs qui me plaisent et où je suis heureuse d’aller…Pas ceux où tu t’emmerdes toute la journée, et où à la fin de la journée, tu peux te dire « ah tiens, j’ai gagné tant ! ».
    Bon, ben j’ai fait mes valises pour l’Argentine en tout cas.

  5. A quand la décroissance, au retour aux valeurs humaines? On est mal parti!!
    De mon côté, j’évite de céder aux tentations qui vont me créer des besoins inutiles. A chaque fois que je suis tentée, je me dis « est-ce bien nécessaire? ». Ce qui me procure de vrais plaisirs quand j’achète quelque chose. Ou encore, j’économise. C’est une démarche pas toujours très facile, mais j’y arrive tout doucement. J’en sais quelque chose, j’étais une grande consommatrice. Je ne jette la pierre à personne, c’est ma philosophie.
    Pour l’instant tout va bien ^^.
    Le salaire ou la qualité de travail, tout est question de priorité, de choix. Selon quelques études, il est clair que le niveau de bonheur (pas de bien être) ne dépend pas du compte en banque. Comme quoi…
    Pour t’accompagner dans ta colère et rester dans l’esprit de notre époque, je suis révoltée (oui, révoltée) par la qualité des produits. Les chaussures, un exemple parmi tant d’autres, quel prix faut-il mettre pour avoir une bonne et belle paire qui tient le choc, qui se répare, qui dure? Même les plus chères ne valent plus celles que l’on fabriquait il y a quelques décennies. Maintenant, on ne répare plus, ou presque, on jette ( non seulement les chaussures, mais l’argent qui va avec). Je ne parle même pas des déchets induits. C’est pareil pour tout (obsolescence programmée!!!!). Pour moi, c’est insupportable.
    On pourrait en parler pendant des heures…

  6. Star, un métier d’avenir… Y’a qu’à discuter avec Loana pour voir comment ça a l’air facile.
    Pour L’obsolescence programmée, j’ai arrêté d’y penser parce que ça m’exaspère qu’aujourd’hui un téléviseur dure 2 ans, un téléphone 18 mois et un jean 1 an.
    Je consomme raisonnable, je me fais plaisir, sans y incorporer la notion de besoin je l’avoue. Je donne quand je n’utilise plus (je suis outrée de voir le nombre de chose que les gens jetent), et si j’ai envie d’un nouvel intérieur, je repeins (meubles ou murs). C’est une goutte d’eau mais je vis beaucoup mieux depuis que j’ai pris du recul sur ma manière de consommer.

    • Vive l’immobilier ?
      Rassurez moi, c’est du second degré ?
      Parce que l’immobilier, faudrait pouvoir accéder à l’achat sans être pris à la gorge pendant 35 ans pour un minuscule 3 pièces dans Paris, ou pouvoir louer sans être obligée de demander à toute sa famille de se porter caution (même à 30 piges) tant les proprios sont devenus frileux et veulent leur part du gateau.
      Le jour où l’immobilier sera régulé par une autorité compétente, et que nous paierons juste loyer, je commencerait à croire en « la pierre ».

      Je ne parle même pas des agents immo à qui nous laissons un mois de loyer de frais d’agence pour l’ouverture d’une porte lors d’une visite groupée digne d’une foire d’empoigne (je me souviens d’une visite d’un 60m2 pour lequel nous étions 35 personnes… 35 !!)… Honteux.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s