La nounou d’à coté…

Aujourd’hui est la journée internationale de l’élimination de la violence faite aux femmes. Mais je n’en parlerai pas aujourd’hui.
Aujourd’hui est la Sainte Catherine. Mais je n’en parlerai pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, je vais parler d’enfant.

Je viens de vivre une étrange expérience…
Mes voisins ont un enfant. Ils le font garder la journée par une nounou professionnelle qui garde aussi à leur domicile un autre enfant. C’est le mode de garde préféré à Paris, une sorte de co-nounoutage. Cette femme, je la croise souvent. Elle a peur de mon chien, ça me fait rire. Nous échangeons de polis bonjours (elle est courtoise au moins, ce qui n’est pas le cas de ses employeurs. Bref) et nous nous tenons la porte de l’ascenceur.

A 10h ce matin (joie de l’inactivité, tu connais toute la vie de ton immeuble), j’entends un bordel du diable sur le palier. Porte qu’on secoue. Enfant qui hurle. Porte qu’on force. Enfant qui pleure. J’enfile ma cape, enferme le chien et mets le nez dehors. Je vois la nounou paniquée, accompagnée d’une autre nanny, 2 enfants qui courent partout sur le palier (juste à coté des escaliers tant qu’à faire), une porte entrouverte, un enfant qui passe ses mains par l’interstice tout en larmes… Mais que se passe t-il bon sang d’bois ?
La nounou m’explique qu’elle a fait un truc, enfin qu’elle est allée à la porte de l’ascenseur, mais pas longtemps hein et que pendant ce temps là, le petit (il a 18 mois à tout casser), a mis la sécurité derrière la porte rendant impossible toute entrée dans l’appartement.
Deux conclusions s’imposent :
– On peut donc laisser un enfant seul gambader dans un appartement sans surveillance.
– On peut donc s’absenter laissant deux enfants seuls pendant qu’on vaque à d’autres occupations.
Cela semble aller à l’encontre du bon sens pourtant.

Je vais dans ma cuisine, m’empare d’un couteau plat, tente de rassurer le petit effrayé par les coups et les cris et plante la nanny. (nooon c’est interdit la violence faite aux femmes aujourd’hui voyons) et bidouille la sécurité de la porte. 10 secondes plus tard, la porte est ouverte. Un rapide merci et la nounou s’engouffre dans l’appartement et colle une fessée au petit criminel.
Quoi ???
Oui elle lui mettra une fessée. Je ne suis certaine de savoir pourquoi, alors lui n’en parlons pas, surement le sas de décompression de la nounou paniquée.

La porte se claque, je reste sur le palier un peu estomaquée.
J’en parle autour de moi, les avis fusent et sont unanimes. Mes conclusions tirées au dessus sont erronées. La seule qui s’impose est que les compétences de la nounou sont plus que limitées.
On me parle aussi de ce bouquin, sorte de traité sur comment éduquer ses enfants assez immonde. Car il s’agit plutôt de les dresser, comme on le faisait avec Hubert le doberman dans les années 80, en donnant des coups de barres de métal, tirant les cheveux et toutes sortes de gentils sévices pour en faire des enfants obéissants. J’ai vomi.
La maltraitance sur enfant me débecte.

Je ne fais pas le procès de cette nounou pour juste une fessée, je ne connais pas le contexte. Je sais juste que lorsque c’est ton métier, que tu as choisi de t’occuper des enfants des autres, que tu es rémunérée pour veiller sur eux, un comportement comme celui dont elle a fait preuve ce matin n’est pas acceptable.
J’hésite encore sur la meilleure façon d’aborder le sujet avec les parents, sans jouer à la balance mais juste faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Parce que là, on ne parle que d’une sécurité mise au mauvais moment, mais demain, quoi une casserole remplie d’eau chaude, une fenêtre ouverte, tout simplement une chute en son absence…
Un enfant doit rire, pas hurler derrière une porte close.

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3 réflexions au sujet de « La nounou d’à coté… »

      • Alors la nounou n’était peut-être pas autant en tord que ça. Elle a peut-être reçu l’aval des parents avant. J’ai travaillé comme babysitter pour une famille. Le premier soir, la maman m’a pris à part pour me dire que son gosse de sept ans était un « crevard sans aucun respect dont on ne peut rien tirer ». Elle m’a autorisée à le coucher sans manger, lui coller des beignes et même lui faire lécher le sol pour lui « apprendre l’humilité ».
        J’ai travaillé pour eux deux mois sans jamais lever ni la main, ni la voix, le gosse n’était pas un ange mais c’était loin d’être un crétin, il voulait juste être remarqué. Au bout de deux mois, j’ai donné ma dém’ parce que je pouvais plus supporter la mère, et le mari m’a dit qu’il divorçait et demandait la garde exclusive de leurs deux enfants.

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