Une amie m’a envoyée cet article hier "Je suis enceinte et j’ai le culot de chercher du travail".
Ma petite âme féministe a sauté hors de mon corps pour se mettre à râler très fort. L’article (ainsi que les commentaires…) m’a à la fois étonnée, dégoutée, et fait réfléchir. Tout ça, sans cesser de pester.
Pour résumer l’article, l’auteure cherchant du travail pendant sa grossesse fait face aux refus des futurs employeurs ainsi qu’aux remarques peu encourageantes concernant cette quête qui leur paraît complètement stupide pour une femme dans "sa condition".
Une phrase m’a choquée "Enceinte je suis, écartée du monde du travail je resterai."
C’est très dur comme réflexion, mais à la lecture de l’article cela parait si vrai.
J’ai été recruteuse moi même, et manager de services de taille plus ou moins importante, je n’aurais jamais ni porté de jugement sur la grossesse d’une future collaboratrice (ni celle d’une collaboratrice en poste d’ailleurs. Au contraire, c’est l’occasion de fêter un évènement heureux), ni pris en compte ce critère comme un motif de non sélection.
Mon dernier employeur avait recruté une femme enceinte à un poste à responsabilités, je n’avais pas à l’époque eu l’impression qu’il était un héros pour autant… Là, je me dis que cet homme était un saint.
Bien sûr que cela se réfléchit, cela implique une organisation en trois étapes (grossesse-congé mat’-retour) mais je ne passerai jamais à coté d’une candidate de qualité parce qu’elle a décidé (ou non d’ailleurs) de faire un enfant. Ce serait hérétique ! Je le prendrai en compte dans mon planning, mes projections, je réfléchirai à long terme, mais cela ne bloquerait nullement ses chances d’intégrer mon équipe. Il ne manquerait plus que ça.
Et on parle des femmes, qui certes sont soumises de toutes façons au congé maternité (4 mois hein, en cumul avant/après grossesse, pas 2 ans non plus les gars), mais les pères aussi peuvent prendre le relais de la mère et poser un congé parental. Et oui, c’est un droit. Alors quoi ? On interdit les futurs parents dans les entreprises ? Stérilisation pour tous ? Vasectomie et ligature pour s’assurer un personnel dévoué ?
Et encore, s’ils ont déjà eu des enfants, les sagouins peuvent poser des jours "enfants malades", ont besoin de congés pendant les vacances scolaires, ont des impératifs d’horaire parfois… N’embauchons que des pré-pubères, on sera tranquille !
Les employeurs devraient commencer à vraiment réfléchir avec leur tête plutôt que leurs clichés, ça ferait du bien à tout le monde.